Bordeaux > place Pey Berland

Bordeaux > place Pey Berland

L’histoire des places urbaines raconte la conquête du vide sur le plein ; la place Pey-Berland ne déroge pas à la règle. Au cours des siècles, l’espace vide s’est construit à tort ou à raison aux dépens des constructions avoisinantes. La saturation du trafic automobile au XXe siècle a fini de déconnecter définitivement de son contexte la cathédrale, transformée en rond-point. Les autres bâtiments patrimoniaux ont subi un sort identique, n’étant plus séparés des voitures que par un simple trottoir. L’espace était saturé dans toutes ses dimensions. Chaque recoin avait subi un traitement particulier, autonome et sans cohérence. Il fallait se rendre à l’évidence, la place Pey-Berland n’était plus une place publique. La volonté de restituer cet espace aux usages piétonniers s’est inscrite dans la politique générale de l’agglomération. La présence de la correspondance des lignes A et B du tramway, la suppression des voies de circulation au nord et à l’est de la place, le passage en « zone 30 » des voies restantes, permettaient de dé-saturer ce lieu, de lui apporter de la sobriété, de la lisibilité et du sens. La recomposition du vide devenait l’enjeu majeur de la reconquête de l’espace public. L’unité par le sol, la revalorisation des perspectives principales de la place et la pose d’éléments signifiants favorisent la mise en scène de la cathédrale et lui redonnent sa puissance visuelle et mythique. La place est recouverte dans sa quasi totalité par de grandes dalles de granit (1,20 m x 1,20 m) qui, en forme de losanges, sont ordonnées suivant une trame rigoureuse et répétitive. La perspective dans l’axe de la mairie est totalement dégagée, et définit une véritable esplanade longeant le portail nord de la cathédrale. À l’est, les arbres isolés ont été enlevés afin de libérer un parvis dans l’esprit de l’ancienne place Saint-André. De longs bancs en granit, des barrettes lumineuses, ponctuent les parcours. La place Pey-Berland ainsi retrouvée devient l’espace de tous les possibles. Lieu de rassemblements, d’échanges, de fêtes, point d’ancrage touristique, elle retrouve sa centralité urbaine et symbolique. L’habillage des trémies du parking Saint-Christoly fait partie intégrante du projet d’aménagement de la place Pey-Berland. Cette intervention a pour but d’identifier et de valoriser les entrées du parking souterrain. L’habillage, de forme prismatique, est constitué de parois en verre translucide d’aspect blanc et d’une toiture métallique ajourée. De nuit, des projecteurs placés à l’intérieur des trémies permettent un rétro-éclairage des parois. Les volumes semblent être des « lanternes » à l’échelle de l’espace de la place.
programme
aménagement de 3 places au coeur de Bordeaux : Pey Berland, Rohan et Jean Moulin
maîtrise d'oeuvre
atelier d’architecture King Kong, Francisco Mangado, Seet Secoba, Yon Anton-Olano, Cetab, Julie Soistier
maîtrise d'ouvrage : Communauté urbaine de Bordeaux
situation : Bordeaux (33)
surface : 20 000 m²
coût ttc : 9 700 000 €
calendrier : livré en janvier 2004
images/photos : Roland Halbe, Christian Désile
prix/édition : Prix grand public de l’architecture 2004 / aménagement urbain en Aquitaine / sélection Prix grand public national de l’architecture 2004 (Ministère de la Culture) / sélection Prix européen de l’aménagement urbain 2006
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